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Voilà de nouveau l'époque des vendanges ...
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La vallée est toute embrumée.
Les raisins se cachent désespérément
afin d'échapper à la serpette du vendangeur,
derrière les feuilles épaisses et fraîches,
recouvertes de la rosée du matin.
Déjà : « Jarlot ?
– Oui, mon petit lapin !
Et les seaux commencent leur danse
au-dessus des rangées bien plantées,
très régulièrement,
pour former un carré de vigne parfait,
quelque soit l'angle sous lequel on le regarde.
Les petits raisins nés tout en haut du cep
sont si gentils qu'ils ont laissé passer
tous les rayons du soleil d'été
sans en accrocher un seul.
Ils restent verts ou légèrement teintés.
Mais les gros raisins, qui eux ont vu le jour plus bas,
tout près de la terre,
très égoïstes, ont attrapé jalousement
toute la douce chaleur du soleil.
Ceux-là ne connaîtront pas la fin de vie paisible,
sur le cep qui les a vu naître
Ceux-là connaîtront la chaleur intense de la cuve,
la forte pression du grand pressoir jaune.
Les bennes se remplissent de plus en plus vite,
et remplissent les cuves de plus en plus vite
tellement vite que bientôt, les vignes
ne seront plus habillées que de leurs feuilles,
et bien sûr des petits raisins d'en haut.
Mais alors, du gros pressoir jaune,
s'écoule un doux vin, un peu épais,
qui est la récompense des vendangeurs
et surtout de « Monsieur le Jarlot »,
qui, durant toute l'année,
a veillé amoureusement sur ses vignes,
les a soignées tendrement
malgré les grands froids de l'hiver.
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